President Paul Biya’s witch hunting goes on

Yaoundé, Cameroon
Image via Wikipedia

 

Opération épervier : Yves-Michel Fotso incarcéré à la prison de Kondengui
Douala : Yves-Michel Fotso interpellé par la police judiciaire
Le juge d’instruction a placé l’ex-Adg de la Camair en détention provisoire hier soir.

Mercredi 1er décembre 2010.  Direction de la Police judiciaire à Yaoundé (Dpj), il est 16 h 07. Le soleil darde, malgré la chaleur suffocante, la circulation, elle, est encore embouteillée. Un officier de deuxième grade vêtu d’un treillis vert kaki sort sur le perron. I

l s’agite, fait de grands gestes, pour rameuter ses hommes éparpillés dans ces parages. Des policiers, jusque là  peu visibles, jaillissent comme de nulle part, écoutent respectueusement leur chef, s’engouffrent dans le commissariat, pour en ressortir trois minutes plus tard armés de fusils d’assaut. Ils se positionnent le long du tronçon de la route, entre les lieux  dit  total Elig-Essono et le carrefour du pont de la gare.

16 h 17, les policiers se reçoivent un ordre de leur chef et bloquent la circulation devant la Dpj. Ils déguerpissent les vendeurs de cigarettes et les call-boxeurs  des alentours. Cinq minutes plus tard, 16 h 22, un pick-up de la police s’avance. A son bord, six policiers vêtus de treillis noirs. A peine le véhicule est il stationné, qu’ils jaillissent de la voiture armes au poing. Presque  à l’instant, une berline Toyota Corolla immatriculée SN 4243, qui arbore peint sur ses flancs « commissariat spécial de l’aéroport de Dl2 », entre dans le parking. Un policier en sort, s’ensuit un moment de flottement. Un autre policier sort de la Dpj, un blouson rouge dans les mains. A peine arrive t-il à la hauteur du véhicule que les passagers assis sur la banquette arrière sortent de la voiture.

L’on aperçoit un homme, vêtu d’un pantalon noir, chaussé de mocassins assortis, vêtu d’un tee-shirt blanc et la tête voilée d’une étoffe blanche, mise exprès pour dissimuler son visage. Il a la tête baissée de force par la main d’un policier, le blouson rouge est ajouté à l’étoffe blanche pour renforcer le camouflage. Presque soulevé de terre par les deux policiers qui ont des bras passés sous ses coudes, il est conduit vers la porte de la Dpj, où ses accompagnateurs et lui s’engouffrent.

Les rares curieux se doutent que c’est quelqu’un d’important qui vient d’être emmené. Beaucoup croient que c’est une femme. Mais des indiscrétions des services de la Dpj révèlent l’identité de l’interpellé : « c’est Yves Michel », nous a t-on chuchoté. En fait, il s’agit de Yves-Michel Fotso ex-administrateur provisoire de la Camair. 19h45, la nouvelle du transfert au parquet du tribunal de Yaoundé centre administrative est transmise par des proches de l’ex-Adg. Une  quinzaine d’entre eux, dont son épouse, se rendent sur les lieux. L’entrée leur est interdite, ils s’agglutinent devant le parquet, croyant que l’interpellé y est.

20h34, six policiers sortent du parquet et se dirigent d’un pas décidé vers le bureau du juge d’instruction au lieu dit « Guantanamo ». 20h40, une Toyota Hiace immatriculé SN 4290 sort de l’arrière de l’ancien palais présidentiel, elle se dirige à faible allure vers le bureau du juge d’instruction. Les personnes présentes  peuvent sans peine reconnaître Yves Michel Fotso. Son tee-shirt blanc tranche avec l’obscurité ambiante. Il est assis seul, sur la dernière banquette du minibus.

Le véhicule à peine garé, Yves Michel fotso, une bouteille d’eau à la main, s’engouffre dans les bureaux du juge d’instruction pour n’en ressortir qu’à 21h17. Il est embarqué dans la Hiace, cette fois encadré d’une dizaine de policiers. La voiture sort à toute vitesse, en direction de la prison centrale de Kondengui.
Les proches, jusque là très dignes, s’effondrent quelque peu. Une dame interpelle un magistrat : « Procureur, est ce qu’on peut lui donner les quelques petites affaires que nous lui avons apportées et que le commissaire de police a refusé qu’on lui remette ? », l’interroge-t-elle, avant d’ajouter : « Ce ne sont que des vêtements et des produits pour sa petite toilette ».

Aziz Salatou

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s